MIOSSEC + SAMMY DECOSTER
Il y a des rencontres inéluctables. Des routes qui semblent destinées à se croiser, des chemins de traverse qui finissent par se rejoindre. Si Christophe Miossec et Yann Tiersen n’avaient encore jamais emprunté la même voie, c’est parce que l’un comme l’autre étaient trop occupés à tracer leurs propres sillons en dehors des sentiers rebattus. Deux parcours bien singuliers, qui ont fini par déboucher sur une étape partagée.
Il faut dire qu’il y a assez de points communs entre ces deux voyageurs hors du commun : finistériens tous deux, terriens et marins à la fois, Brestois, quoi !
Des anathèmes miosseciens sur des thèmes tierseniens, ou inversement, et tant pis pour les barbarismes. Ca s’intitule « Finistériens », et ça n’est pas rien. Une réunion aux sonnets, des harmonies amies, un unisson au diapason.
Comme dit Christophe, avec le sourire ravi de l’explorateur qui foule enfin un rivage inconnu mais déjà familier, "je n’ai jamais aussi peu discuté d’un disque, il n’y a pas eu de débat d’idées, tout a coulé de source dans un laps de temps très court, comme un épaulé-jeté".
C’est ainsi, le septième album studio de Christophe Miossec ne ressemble à aucun des précédents… ou à tous à la fois. Indéniablement, c’est du Miossec, du vrai : ces galops de rimes à l’émotion contenue, ce lyrisme cru au romantisme farouche, cette voix à fleur de gorge, ces odes douces amères à la houle frissonnante, au ressac irrégulier, à l’image de ces mélodies qui serpentent et s’insinuent.
L’air de rien, "Finistériens", album brestois buriné et sculpté à quatre mains, mi-Tiersen, mi-Miossec (Tierssec ou Miossen ?), marque une nouvelle étape dans la carrière d’un bourlingueur pas encore rangé des embruns. Un disque qui brûle, qui boit, qui baise, qui prend et qui étreint.
Tout Miossec à redécouvrir lors d'un passage à Liège à ne pas manquer.
http://www.christophemiossec.com/
Sammy Decoster est né en 1983 dans le nord de la France.
Son premier album Tucumcari, dont le nom est emprunté à un village du Nouveau-Mexique, est sorti dans les bacs le 19 janvier chez Barclay.
Voyageur dans l’âme, Sammy Decoster est parti sur la route, à la découverte de son propre “rêve américain”. Entre rock rugueux et ballades vespérales, il a choisi de ne pas choisir. À la manière d’un Murat, son aîné auvergnat, Decoster préfère la compagnie des arbres à celle des hommes. À tel point que cet ancien étudiant en géographie a failli devenir garde forestier, avant d’emprunter le chemin de la chanson buissonnière. Dans les plaines du Nord où il a trouvé refuge, auprès de sa dulcinée et de son chien ornant la pochette de Tucumcari, Sammy compose avec des images plein la tête. Par appétence autant que par défi, il s’exprime dans sa langue maternelle (The Drive, seule exception anglophone). Un doux paradoxe chez cet artiste peu porté sur le patrimoine français, qui aime à respirer le grand air en forêt : “Fraîche brise qui achève ma nuit/Laisse mes rêves survivre aujourd’hui” (Mañana). Belle saillie pour un auteur débutant.



